La diplomatie économique de la Chine n’oublie pas les bonnes affaires

La diplomatie économique de la Chine n’oublie pas les bonnes affaires

L’électricité du portugal, Hinkley Point en Grande-Bretagne, construction d’infrastructures dans les Balkans… Les facteurs économiques sont les plus évidents pour expliquer les ambitions chinoises dans le secteur énergétique en Europe. C’est d’ailleurs une des industries dans laquelle Pékin incite le plus ses entreprises à investir.

Exemple de la planification chinoise, en août 2017, après avoir puni plusieurs groupes accusés de trop se déployer à l’étranger, comme Wanda ou HNA, le gouvernement publie une liste des secteurs interdits (jeux d’argent, pornographie), soumis à examen (immobilier, divertissement) et encouragés. L’énergie figure dans cette dernière catégorie, aux côtés des hautes technologies, de l’agriculture et, en général, des projets liés à «l’initiative de la ceinture et de la route», nouveau nom des « routes de la soie »,le grand projet international de la présidence de Xi Jinping.

Le texte du Conseil des affaires d’Etat spécifie : « Participez continûment à l’exploration et au développement à l’étranger du pétrole et du gaz, des ressources en minéraux, et des autres sources d’énergie, sur la base d’un examen prudent des bénéfices économiques. »
De fait, les « bénéfices économiques» sont bien là pour la plupart des projets. « Les investissements visent la diversification. La Chine est un pays à forte croissance, mais à haut risque, notamment pour des investisseurs institutionnels, explique Agatha Kratz, directrice associée de Rhodium Group, qui analyse notamment les investissements chinois à l’étranger. L’Europe, au contraire, offre des rendements plus faibles, mais sûrs et stables. » Dans ce cas, les investisseurs peuvent se contenter de participations minoritaires.

Autre intérêt : l’acquisition de technologies. «Dans des secteurs où les entreprises chinoises sont encore en retard technologiquement, elles peuvent chercher des sociétés, souvent plus petites, de niche, pour mettre la main sur des technologies », poursuit Mme Kratz.

Exporter les surcapacités

Enfin, les géants comme State Grid, qui a une position et une part de marché déjà bien établie en Chine, peuvent ainsi trouver en Europe de nouveaux relais de croissance. Et ils en ont besoin : après des années de croissance soutenue par l’investissement public dans les infrastructures, les groupes chinois, de l’énergie, des transports, de la construction, sont surdimensionnés à l’heure où l’économie de la Chine ralentit. On touche ici à un aspect moins avouable, mais extrêmement important, des nouvelles routes de la soie : l’exportation des surcapacités industrielles chinoises. Quant aux objectifs politiques liés aux investissements chinois, ils sont évidents. Dans les pays situés autour de l’Union européenne, où la Chine se propose de financer les projets de construction, il s’agit typiquement d’une diplomatie économique chinoise très liée au pouvoir politique, aux “routes de la soie”, avec la promotion de projets à la fois politiques et économiques.
Au sein de l’Union, la question est plus ouverte : les groupes chinois cherchent-ils à prendre le contrôle d’infrastructures stratégiques ? « Est-ce leur objectif principal ? Probablement pas, mais cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas prendre en considération les retombées potentielles de leurs investissements en termes de sécurité prévient une source anonyme.

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