Les banquiers à l’assaut du crowdfunding

Les banquiers à l’assaut du crowdfunding

A priori, crowdfunding et économie collaborative vont de pair. Dans le don, le capital-investissement ou le prêt aux particuliers, des internautes motivés mettent la main à la poche et une plateforme Web agrège et sécurise les sous. Le secteur est en nette croissance avec 133,2 millions d’euros levés au premier semestre 2015, soit le double de l’année précédente, selon le baromètre Compinnov pour l’association Financement participatif France. Mais ces sommes ne représentent que des clopinettes pour les acteurs traditionnels de la finance qui craignent une rentabilité limitée.

« Les banques ne sont pas présentes dans l’investissement en capital pour les entreprises, elles ne s’intéressent pas à la phase d’amorçage, forcément incertaine. Elles considèrent encore notre action comme complémentaire », explique Stéphanie Savel, présidente de la plateforme Wiseed qui voit, elle, ce mouvement d’un bon œil. Depuis le début de la crise, les banques hésitent ainsi à accorder des prêts à certaines TPE-PME, notamment des commerçants qui ont besoin de matériel et de fonds de roulement. Les sites de financement participatif prennent doucement cette place autrefois réservée au secteur bancaire dans le cœur des entrepreneurs. Doucement, car si le marché du prêt aux TPE-PME pèse tout de même 4 milliards d’euros, son versant crowdfunding atteint seulement 10 millions.

« une MutAtion à AMorcer »

« Dans le même temps, l’uberisation de l’économie démarre dans le secteur des fin tech (start-up spécialisées dans les technologies financières, ndlr). Face aux mutations technologiques et aux nouvelles exigences des consommateurs, certaines banques comprennent qu’il y a un marché à conquérir, une mutation à amorcer », prévient Alain Clot, président de l’association France Fintech. Vont-elles finir par dévorer les valeureux entrepreneurs du collaboratif ? En septembre, le site de cagnotte Leetchi, fondé en 2009 par Céline Lazorthes, a été racheté à 86 % par le Crédit mutuel Arkéa. Le groupe bancaire breton a mis 50 millions d’euros pour enrichir son offre avec ce nouveau service et s’approprier la technologie du leader européen de la cagnotte en ligne. Dans une autre branche du financement participatif, le Crédit mutuel Arkéa est aussi actionnaire de la plateforme de prêts entre particuliers Prêt d’union, numéro 1 incontesté sur ce créneau avec 100 millions d’euros prêtés depuis sa création en 2011. Les acteurs de l’économie collaborative commencent à peine à perdre du terrain.

 

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